• L’état de santé des mineurs en centre jeunesse inquiète
     
    MISE à JOUR Mardi, 24 mars 2015 22:22
    le journal de montreal
     
    Problèmes de santé physique et psychologique, tendances suicidaires et automutilation, dépendance aux drogues et à l’alcool... La santé des jeunes hébergés en centre jeunesse est plus fragile que celle des autres jeunes, révèle une étude.
    «C’est encore plus catastrophique que l’on pensait», lance le Dr Yves Lambert.
    Médecin en centre jeunesse depuis 10 ans, l’homme est coauteur d’une étude menée auprès de 315 adolescents de 14 à 17 ans hébergés dans sept centres jeunesse.
     
    Les résultats ont été obtenus à partir d’un questionnaire rempli par les jeunes, qui ont par la suite subi un examen médical.
    Ainsi, on apprend que plus de neuf adolescents sur dix hébergés en centre jeunesse présentent au moins un problème de santé et que 55 % ont plus de quatre problèmes.
     
    Un mot pour décrire cette clientèle: «souffrante», résume le Dr Lambert.
    «Ils sont abusés, négligés, “maganés”», décrit-il.
     
    Ces jeunes vivent des situations complexes, beaucoup de violence, de la maladie mentale, des troubles de personnalité limite, des troubles de consommation ou d’attachement, confie le médecin.
     
    Pire que les autres
     
    La situation des adolescents hébergés en centre jeunesse n’a rien à voir avec celle des autres jeunes, décrit l’auteur de l’étude.
     
    La consommation problématique d’alcool et de drogue des jeunes en centre jeunesse atteint 45 %, alors que les pires cas dans la population en général représentent 5 % des jeunes.
     
    Même phénomène en ce qui concerne le suicide. Les jeunes qui vivent en centre jeunesse tentent de mettre fin à leurs jours presque trois ou quatre fois plus que les autres adolescents, observe-t-il.
     
    Manque de soins
     
    De la quinzaine de médecins qui travaillent dans les centres jeunesse, le Dr Lambert est le seul à le faire à temps plein.
    «On n’est pas capable de voir tout le monde. Ces jeunes deviennent donc de grands consommateurs de nos urgences», observe-t-il.
     
    On devrait porter une plus grande attention à la santé des adolescents hébergés en centre jeunesse, ce qui n’est pas le cas actuellement, tranche Yves Lambert. «Les problèmes psychosociaux de ces jeunes entraînent des problèmes de santé, et ça, ce n’est pas encore reconnu.»
     
    Malgré un bilan de santé plutôt sombre, le médecin est convaincu qu’avec des soins appropriés, ces jeunes peuvent espérer s’en sortir.
    «On peut changer les choses», conclut-il.
    Des adolescents fragiles
     
    • 92 % des jeunes hébergés en centre jeunesse présentent au moins un problème de santé
    • 69 % souffrent d’une maladie chronique
    • 57 % ont des problèmes d’alcool ou de drogue 
    • 33 % des filles et 19 % des garçons ont fait une tentative de suicide dans les 12 derniers mois
    • 48 % des filles ont une sexualité à risque
    • 29 % des filles et 18 % des garçons s’automutilent
     
    Source: Étude menée pour le compte de l’Association des centres jeunesse du Québec
     
     
     

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  • Publié le 27 décembre 2014 à 09h15 | Mis à jour le 04 février 2015 à 15h35
    La DPJ-Montérégie réprimandée par des juges
     
    Les avocats montérégiens qui défendent les enfants pris en charge par la DPJ dénoncent la liberté que prend le service dans son application des décisions rendues pour protéger les jeunes.
     
     
    Au cours des derniers mois, deux juges ont dénoncé dans leurs jugements la tendance de la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) locale à faire fi de leurs décisions.
     
    Fait inhabituel, ils ont même envoyé des huissiers dans le bureau personnel de la grande patronne du service afin qu'une copie de chaque jugement lui soit remise en mains propres.
     
    Au centre des deux affaires: la liberté qu'a prise la DPJ dans l'application de décisions judiciaires pourtant claires.
     
    Dans un cas, la DPJ a décidé de mettre fin à l'intervention d'un éducateur en milieu familial ordonnée par un juge trois mois plus tôt afin de faciliter l'intégration d'une jeune fille fragile. Dans l'autre, la DPJ avait omis de réunir une fratrie d'enfants dans une seule et même famille d'accueil, contrevenant ainsi à une décision de justice.
     
    La DPJ se défend, mais dit prendre la situation au sérieux. Les avocats des enfants pris en charge dénoncent un problème systématique de non-respect des ordonnances de justice en Montérégie.
     
    «L'ignorance de la loi et d'un principe aussi basique en matière d'exécution d'ordonnance [...] ne peut constituer une justification», a écrit le juge Mario Gervais il y a quelques semaines, en rappelant que ses collègues ont rendu d'autres décisions comportant souvent «des commentaires sévères, incluant des blâmes à son égard».
     
    «La Directrice a délibérément fait abstraction de l'ordonnance judiciaire», a pour sa part tranché la juge Lyne Morin, toujours en Montérégie. «Doit-on rappeler que la Directrice ne peut se substituer à l'autorité judiciaire?» Outre la patronne de la DPJ, la juge Morin a aussi fait envoyer une copie de son jugement à la Commission des droits de la personne afin qu'elle lise les «commentaires sévères qu'il comporte».
     
    La situation prise au sérieux
     
    La Directrice de la protection de la jeunesse de la Montérégie se défend bien de violer à répétition des ordonnances de justice. «Pour moi, c'est très très clair que le jugement constitue ce que l'on doit faire et remplir comme mandat, a expliqué Maryse Davreux. Ce que j'exige des intervenants, c'est vraiment qu'ils répondent aux demandes [des juges].»
     
    Elle a dit prendre la situation «tout à fait» au sérieux.
     
    Mme Davreux a ajouté que la réalité avait parfois empêché l'application à la lettre des ordonnances de juges, mais que les jeunes touchés ont continué à faire l'objet d'une attention continue de ses services.
     
    Un problème fréquent
     
    De leur côté, les avocats montérégiens qui défendent les enfants pris en charge par la DPJ dénoncent la liberté que prend le service dans son application des décisions rendues pour protéger les jeunes.
     
    «Ça arrive assez régulièrement que [la DPJ] interprète les ordonnances, par souci d'économie parfois, parce qu'on n'a pas les ressources ou parce qu'on n'est pas nécessairement d'accord avec l'ordonnance», a expliqué Me Carole Gladu, à la tête de l'équipe d'aide juridique à Longueuil.
     
    «Ce n'est pas tout le monde - et je ne veux pas généraliser -, mais il y a effectivement des intervenants qui vont dire qu'ils savent mieux que les juges ce dont le jeune a besoin.»
     
     
    source: http://www.lapresse.ca/actualites/justice-et-affaires-criminelles/actualites-judiciaires/201412/27/01-4831154-la-dpj-monteregie-reprimandee-par-des-juges.php

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  • Il aide une ado à fuguer d’un centre jeunesse pour l’héberger chez lui
     
    CAMILLE LAURIN-DESJARDINS
    Jeudi, 22 janvier 2015 17:12
    MISE à JOUR Jeudi, 22 janvier 2015 17:16
     
    Un employé d’un centre de protection de la jeunesse qui a aidé une adolescente de 15 ans à simuler une fugue pour ensuite l’héberger et avoir des relations sexuelles avec elle, espère maintenant éviter la prison.
    «Je regrette... Il n’y a pas une journée où je n’y pense pas», laisse tomber Jean-Pierre Charron à l’autre bout du fil.
    L’homme de 40 ans, qui travaillait au centre jeunesse d’Huberdeau, dans les Laurentides, a plaidé coupable cette semaine notamment à des accusations de contacts sexuels et d’incitation à des contacts sexuels avec une mineure de moins de 16 ans.
     
    Jean-Pierre Charron était chauffeur pour la DPJ depuis 17 ans. Il transportait les jeunes du centre qui devaient se rendre au palais de justice ou à des rendez-vous. En août 2012, il a simulé une fugue avec une jeune fille.
    «Ça faisait plusieurs fois qu’elle me demandait de venir chez moi... Mais cette fois-là, j’ai fini par accepter.»
     
    Consommation
    «Je n’avais pas toute ma tête, poursuit-il. J’avais des gros problèmes de consommation, je prenais du speed et je ne dormais plus. Mais je sais que ce n’est pas une excuse, je suis responsable de ma consommation.»
    M. Charron a amené la jeune fille chez lui et a dit à son employeur qu’elle avait fugué en faisant semblant d’aller aux toilettes. Il prétend que la jeune fille est restée chez lui environ cinq jours. Selon la Couronne, il s’agit plutôt de huit jours.
    «Je lui disais qu’elle devait partir, que ça commençait à se savoir, mais elle ne voulait pas. En même temps, je ne voulais pas qu’il lui arrive quelque chose.»
    C’est finalement la visite impromptue de l’ancienne conjointe de M. Charron qui a provoqué la fuite de la jeune fille, qui se trouvait alors avec une amie. «Après ça, je leur ai dit de partir», dit-il.
     
    La police de Mirabel a retrouvé les deux ados quelques heures plus tard.
    «À la minute qu’on l’a su, on l’a suspendu», assure Mario Cianci, directeur des ressources humaines au centre
    jeunesse d’Huberdeau. L’employé a finalement été congédié deux semaines plus tard.
    «C’est inacceptable, ajoute-t-il. Notre mission est de protéger les jeunes.»
    Jean-Pierre Charron est aussi accusé de trafic de stupéfiants, parce qu’il aurait fourni du speed à l’adolescente, et de possession simple. Mais il assure ne lui en avoir jamais donné.
     
    Aujourd’hui, le quadragénaire habite chez ses parents. Il affirme avoir obtenu deux diplômes d’études professionnelles et réglé son problème de consommation. «J’ai tout perdu: ma maison, mes amis, mon travail. J’ai honte de ce que j’ai fait.»
    Il connaîtra sa sentence le 13 mai prochain. Les deux parties attendent d’obtenir les résultats du rapport présentenciel et de l’évaluation psychosexuelle avant de faire des suggestions.
    M. Charron, qui n’a pas d’antécédents criminels, avoue avoir une peur bleue de devoir faire de la prison. «Je suis quelqu’un de bien, je ne suis pas dangereux! S’ils m’envoient en prison, je vais être avec des vrais criminels.»
     
    http://www.journaldemontreal.com/2015/01/22/il-aide-une-ado-a-fuguer-dun-centre-jeunesse-pour-lheberger-chez-lui

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  • Un pédophile pourra visiter son fils de six ans régulièrement
    STÉPHANE TREMBLAY
    Vendredi, 16 janvier 2015 22:19
    MISE à JOUR Vendredi, 16 janvier 2015 22:22
     
     
    Un père inscrit au Registre des délinquants sexuels a obtenu récemment du Tribunal de la jeunesse des droits de visite de son fils de six ans de façon régulière sous la supervision d’un intervenant de la Direction de la protection de la jeunesse.
    Dans sa requête présentée en décembre dernier au palais de justice de Québec, le père, un pédophile récidiviste, demandait de voir son fils seul, sans supervision. La mère de l’enfant de même que la DPJ s’opposaient à ce que soit levée la supervision.
     
    «Mon garçon est impulsif et peut devenir impoli ou lancer un objet parce qu’on lui a dit non. S’il faut qu’il affronte son père, c’est certain qu’il va en manger toute une, et j’ai aussi d’autres craintes sachant que mon ex-conjoint a déjà agressé sexuellement deux jeunes filles de 12 et 15 ans, dont l’une faisait partie de son entourage», mentionne la mère que nous ne pouvons identifier en raison de l’âge mineur de l’enfant.
     
    Celle qui a poursuivi en justice son ex-ami de cœur pour violence conjugale en 2010 avait exprimé son refus, en avril 2014, quant aux visites père-fils une fois aux deux semaines pendant une heure alors autorisées par la juge pour «faciliter le développement de l’enfant», selon les explications de cette dernière.
     
    «J’ai vraiment peur qu’un jour la justice lui donne le droit de voir son fils seul sans supervision. Rien pour me rassurer, car la juge a souligné en décembre devant la cour que la DPJ n’allait pas assez vite dans le processus. La juge a dit et je cite: “Il n’est pas question que ce garçon voie toujours son père avec une personne pour les surveiller”».
     
    Rencontres prolongées
    D’ailleurs, la juge a accepté en partie la récente requête du père, un homme d’affaires de Québec. Dorénavant, les contacts père-enfant seront d’une demi-journée par semaine, au domicile du père sous la supervision de la DPJ.
    Dès la mi-février, les mêmes rencontres seront prolongées à une journée complète par semaine, toujours avec la surveillance de la DPJ.
     
    «Lors des rencontres avec son fils, le père sera autorisé à effectuer des activités à l’extérieur de son domicile avec son enfant (ex: patinage, glissade, jeux aux Galeries de la Capitale, cinéma, etc.)», peut-on lire dans le jugement, dont le Journal a obtenu copie.
     
    http://www.journaldemontreal.com/2015/01/16/un-pedophile-pourra-visiter-son-fils-de-six-ans-regulierement

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  • Publié le 27 décembre 2014 à 09h15 | Mis à jour le 27 décembre 2014 à 09h15
    La DPJ-Montérégie réprimandée par des juges
     
    La protection de la jeunesse de Montérégie doit cesser de «léser les droits» d'enfants fragiles en violant les ordonnances rendues pour les protéger, l'ont vertement averti des juges de la Cour de la jeunesse.
     
    Au cours des derniers mois, deux juges ont dénoncé dans leurs jugements la tendance de la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) locale à faire fi de leurs décisions.
     
    Fait inhabituel, ils ont même envoyé des huissiers dans le bureau personnel de la grande patronne du service afin qu'une copie de chaque jugement lui soit remise en mains propres.
     
    Au centre des deux affaires: la liberté qu'a prise la DPJ dans l'application de décisions judiciaires pourtant claires.
     
    Dans un cas, la DPJ a décidé de mettre fin à l'intervention d'un éducateur en milieu familial ordonnée par un juge trois mois plus tôt afin de faciliter l'intégration d'une jeune fille fragile. Dans l'autre, la DPJ avait omis de réunir une fratrie d'enfants dans une seule et même famille d'accueil, contrevenant ainsi à une décision de justice.
     
    La DPJ se défend, mais dit prendre la situation au sérieux. Les avocats des enfants pris en charge dénoncent un problème systématique de non-respect des ordonnances de justice en Montérégie.
     
    «L'ignorance de la loi et d'un principe aussi basique en matière d'exécution d'ordonnance [...] ne peut constituer une justification», a écrit le juge Mario Gervais il y a quelques semaines, en rappelant que ses collègues ont rendu d'autres décisions comportant souvent «des commentaires sévères, incluant des blâmes à son égard».
     
    «La Directrice a délibérément fait abstraction de l'ordonnance judiciaire», a pour sa part tranché la juge Lyne Morin, toujours en Montérégie. «Doit-on rappeler que la Directrice ne peut se substituer à l'autorité judiciaire?» Outre la patronne de la DPJ, la juge Morin a aussi fait envoyer une copie de son jugement à la Commission des droits de la personne afin qu'elle lise les «commentaires sévères qu'il comporte».
     
    La situation prise au sérieux
     
    La Directrice de la protection de la jeunesse de la Montérégie se défend bien de violer à répétition des ordonnances de justice. «Pour moi, c'est très très clair que le jugement constitue ce que l'on doit faire et remplir comme mandat, a expliqué Maryse Davreux. Ce que j'exige des intervenants, c'est vraiment qu'ils répondent aux demandes [des juges].»
     
    Elle a dit prendre la situation «tout à fait» au sérieux.
     
    Mme Davreux a ajouté que la réalité avait parfois empêché l'application à la lettre des ordonnances de juges, mais que les jeunes touchés ont continué à faire l'objet d'une attention continue de ses services.
     
    Un problème fréquent
     
    De leur côté, les avocats montérégiens qui défendent les enfants pris en charge par la DPJ dénoncent la liberté que prend le service dans son application des décisions rendues pour protéger les jeunes.
     
    «Ça arrive assez régulièrement que [la DPJ] interprète les ordonnances, par souci d'économie parfois, parce qu'on n'a pas les ressources ou parce qu'on n'est pas nécessairement d'accord avec l'ordonnance», a expliqué Me Carole Gladu, à la tête de l'équipe d'aide juridique à Longueuil.
     
    «Ce n'est pas tout le monde - et je ne veux pas généraliser -, mais il y a effectivement des intervenants qui vont dire qu'ils savent mieux que les juges ce dont le jeune a besoin.»
     
    source: http://www.lapresse.ca/actualites/justice-et-affaires-criminelles/actualites-judiciaires/201412/27/01-4831154-la-dpj-monteregie-reprimandee-par-des-juges.php

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