• 4 à 7 ans sans inspections

    Quatre ans sans inspections

    Dans certains centres jeunesse, les dernières visites d’inspection remontent à plus de sept ans.

    Les visites d’appréciation ont été suspendues dans les centres jeunesse au Québec

     

    Aucun centre jeunesse n’a été inspecté par le ministère de la Santé au cours des quatre dernières années, une situation qui crée de l’inquiétude au sein des intervenants.
     
    La dernière visite d’appréciation de la qualité des services remonte à mai 2008, dans un centre de l’Estrie.
     
    Les inspecteurs du ministère de la Santé et des Services sociaux n’ont pas mis les pieds dans certains centres jeunesse, comme ceux de l’Abitibi-Témiscamingue et de l’Outaouais, depuis plus de sept ans.
     
    « C’est vraiment inquiétant, dénonce Claude Hamelin, du Syndicat du centre jeunesse Montérégie. Va-t-il falloir qu’un scandale survienne pour que le ministère daigne se présenter dans les centres jeunesse ? ».
     
    Pas d’histoires d’horreur
     
    Les visites d’appréciation de la qualité des services ont été mises en place par le ministre de la Santé, Philippe Couillard, en 2003, à la suite du scandale entourant les mauvais traitements infligés aux patients du Centre d’hébergement et de soins de longue durée (CHSLD) Saint-Charles-Borromée, aujourd'hui appelé le CHSLD Centre-ville.
     
    En 2005, les inspections ont été étendues aux centres jeunesse, afin de s’assurer que les jeunes qui y sont hébergés bénéficient de services de qualité.
     
    Or, de 2005 à 2009, les 16 centres n’ont été visités qu’une seule fois et, par la suite, les inspections ont été suspendues.
     
    Selon le ministère de la Santé et des Services sociaux, cette pause était nécessaire afin de bonifier les processus d’inspection qui reprendront à l’automne.
     
    « C’est important qu’on y retourne, assure la porte-parole Nathalie Lévesque, mais ce n’est pas parce qu’il n’y a pas eu de visites dans les dernières années, que des situations problématiques se sont créées. Lors de la première tournée d’inspection, les résultats étaient relativement positifs. Il n’y a pas eu d’histoires d’horreur. »
     
    Des douches non fonctionnelles
     
    Les visites d’appréciation effectuées entre 2005 et 2009 ont pourtant permis d’apporter des corrections importantes.
     
    Par exemple, en 2006, un inspecteur avait relevé que deux douches sur trois ne fonctionnaient pas dans une unité.
     
    Toujours en 2006, à Laval, une inspection avait dévoilé que les repas servis aux jeunes ne respectaient pas le Guide alimentaire canadien, et que la nourriture « entraînait un accroissement pondéral exagéré, voire de l’embonpoint » chez les jeunes.
     
    Le ministère assure que des suivis ont été faits et des corrections ont été apportées.
     
    « Il existe plusieurs autres mécanismes de contrôle de la qualité dans les centres jeunesse, insiste Mme Lévesque. Mais, on sait que les visites sont aussi importantes, et c’est pour ça qu’on prend le temps de bonifier nos processus. »

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