• Adolescente suicidaire: des soins inappropriés, dénonce le père

     

    Adolescente suicidaire: des soins inappropriés, dénonce le père
    Écrit par Jean-François Néron, Le Soleil, le 31 mars 2009   
    31-03-2009

    (Québec) Le père de l'adolescente en détresse psychologique sauvée des glaces dans les eaux du fleuve, jeudi, estime que sa fille ne reçoit pas des soins adaptés au centre jeunesse où elle a été dirigée. Il critique le «manque de ressources du système» qui l'empêche d'être admise à l'Hôtel-Dieu du Sacré-Coeur de Jésus de Québec, spécialisé en pédo­psychiatrie.

    C'est un véritable cri de détresse que lance Pierre (nom fictif). Les yeux rougis par ses pleurs et la voix tremblotante, il tente de comprendre. Il craint encore pour la vie de sa fille.

    «Le pédopsychiatre m'a dit qu'il ne pouvait pas l'envoyer à l'Hôtel-Dieu parce qu'elle était à risque de fugue et qu'il n'y avait pas de système de sécurité qui l'empêchait de fuir. C'est une consigne qu'ils ont reçue mercredi dernier.»

    Martine (nom fictif) a donc été admise au centre de réadaptation Le Gouvernail. L'établissement possède une aile sécurisée pour les jeunes qui pourraient s'en prendre à eux-mêmes. Mais pour Pierre, ce n'est pas suffisant.

    «Ce n'est pas comme un hôpital. Ce n'est pas une prison dont elle a besoin. Elle n'est pas délinquante. Elle a besoin de soins médicaux. Elle-même a dit qu'elle était avec des fuckés», clame-t-il.

    L'histoire de Martine, c'est aussi celle d'une jeune fille qui, pour des raisons qui demeurent encore obscures, a chuté dans les abîmes jusqu'à vouloir s'enlever la vie.

    «Elle avait plein d'amis. Elle était toujours souriante. Elle réussissait ses études. Elle était respectueuse. Et puis, elle a eu de mauvaises fréquentations. Des gens beaucoup plus vieux qu'elle. Elle a commencé à prendre de la drogue et a arrêté l'école. Elle n'avait plus de réseau social. Son estime de soi était à zéro. Elle disait qu'elle était sale et qu'elle n'était bonne à rien. Pour en arriver là, elle a dû subir un traumatisme épouvantable, mais je ne sais pas quoi. Elle ne veut pas s'ouvrir. On ne l'a pas vu venir», admet le parent.

    Comprendre à rebours

    Pour le père, le premier choc est survenu lorsque les policiers sont arrivés chez lui dans la nuit de mercredi à jeudi en demandant s'il était le propriétaire d'une automobile que des agents avaient poursuivie plutôt. C'était Martine qui était au volant.

    Le jeudi matin, les pompiers la secouraient, contre son gré, alors qu'elle se trouvait sur un bloc de glace qui dérivait sur le fleuve.

    Le deuxième choc s'est produit lorsque Pierre a trouvé un mot d'adieu dans le sac à dos de Martine : «Je suis vraiment désolée pour tout ce que je vous fais endurer [...]. Je voudrais tout effacer [...]. Malheureusement, je n'ai plus assez de courage [...]. Vous êtes les meilleurs parents du monde.»

    Le troisième coup dur a été la découverte du journal de Martine. Au fil des pages, les pensées noires remplacent les mots joyeux et les photos de souvenirs heureux.

    À la lumière de ces révélations, Pierre a pu remettre en place des morceaux du casse-tête. «La veille de sa fuite avec l'auto, je lui disais qu'on pourrait aller déjeuner ensemble. Elle m'a répondu qu'elle ne serait plus là. Je croyais qu'elle voulait dire qu'elle serait chez sa mère. Je n'ai pas allumé. En plus, elle a demandé à son frère de s'occuper de son chien. Lui non plus n'a pas saisi.

    «Vous comprenez pourquoi je la sentirais plus en sécurité si elle était dans un milieu médical? Dans son rapport, le pédopsychiatre indique qu'elle est à "risque suicidaire extrême". Elle a été sauvée physiquement des glaces, mais son âme est encore à la dérive.»

    Le père espère que la dénonciation faite aujourd'hui au nom de sa fille servira à améliorer les soins en santé mentale pour toute autre famille qui vivra pareil événement.
    Dernière mise à jour : ( 31-03-2009 )
     

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