• De moins en moins de Montréalais veulent accueillir des enfants de la DPJ

     

    Grave pénurie de familles
    De moins en moins de Montréalais veulent accueillir des enfants de la DPJ
     
    SARAH-MAUDE LEFEBVRE @
    JOURNAL DE MONTRÉAL, PUBLIÉ LE: SAMEDI 18 MAI 2013, 20H50 | MISE À JOUR: SAMEDI 18 MAI 2013, 21H27
     
    L’humoriste François Massicotte invite les parents à suivre son exemple en devenant famille d’accueil. « Les enfants de la DPJ ont besoin de notre amour », dit-il.
     
    ÊTRE FAMILLE D’ACCUEIL
    QUELQUES CRITÈRES:
    • Avoir l’espace physique pour accueillir un enfant et un milieu sécuritaire.
    • Considérer l’enfant qui vous est confié comme les autres membres de votre famille.
    LES CONDITIONS:
    • Rémumération de base de 33,08$ à 74,44$ par jour, par enfant.
    • Dépense de fonctionnement: 25,04 $ par jour et par enfant
    • Compensation monétaire pour des vacances et contribution du centre jeunesse à un régime collectif d’assurances et de retraite
    SOURCE : CJM ET ADREQ
     
    UN PROCESSUS DIFFICILE
    François Massicotte l’avoue franchement: le processus pour devenir famille d’accueil a été parfois très «pénible», mais il en a valu la peine puisque «deux amours» font maintenant partie de sa vie.
     
    Les Montréalais sont de moins en moins intéressés à devenir famille d'accueil. Le nombre de foyers qui hébergent des jeunes de la DPJ chute radicalement chaque année, laissant des centaines d'enfants en attente d’un foyer stable.
     
    Depuis 2008, le Centre jeunesse de Montréal (CJM) a perdu les services de 120 familles d’accueil. Actuellement, 638 ménages hébergent des enfants de la DPJ, alors qu’il en faudrait au moins une cinquantaine de plus pour combler les besoins à Montréal.
     
    «Notre volume de familles d’accueil diminue d’année en année. On réussit à recruter à peine 11 à 15 nouvelles familles par année alors qu’il en faudrait quatre fois plus», déplore Nathalie Bibeau, directrice des services en milieu substitut au CJM.
     
    Des enfants en attente
     
    La lourdeur du processus d’accréditation, qui peut prendre plus d’un an dans certains cas, décourage certaines familles.
     
    «Le contexte social a beaucoup évolué. Pour les enfants âgés de moins de 5 ans, on exige qu’un des deux parents reste à la maison. De nos jours, beaucoup de familles ont besoin de deux salaires pour vivre. Aussi, être famille d’accueil nécessite beaucoup d’implications, comme des rendez-vous avec des intervenants, psychologues, etc.», explique la porte-parole Jocelyne Boudreault.
     
    Le centre jeunesse doit également composer avec le phénomène du vieillissement, qui existe aussi parmi les familles d’accueil.
     
    «Beaucoup de nos familles d’accueil prennent leur retraite. L’an passé, nous avons salué le travail d’une famille qui a offert ses services pendant 35 ans. C’est énorme», souligne Mme Bibeau.
     
    Cette pénurie oblige le CJM à placer des enfants dans des familles temporaires, en attendant de leur trouver une famille où ils pourront rester à long terme.
     
    «Aucun enfant n’est lésé, mais on ne parle pas d’un jumelage optimal», avoue Nathalie Bibeau.
     
    Des familles renvoyées
     
    Autre difficulté pour le Centre jeunesse de Montréal: certaines familles d’accueil doivent mettre fin à leurs activités, car elles ne répondent pas correctement aux besoins des enfants.
     
    Depuis 2008, le CJM a résilié cinq contrats en raison de «situations problématiques».
     
    «Parfois, c’est à la suite d’un signalement ou d’inquiétudes formulées par l’intervenant qui suit la famille. Il y a eu des situations inacceptables où on a dû retirer rapidement l’enfant du foyer», explique Mme Bibeau.
     
    Divorce violent entre les parents d’accueil, négligence ou «manque de transparence», le CJM se doit «d’agir rapidement» lorsque le bien-être d’un enfant est menacé.
     
    «Ce n’est pas souhaitable que cela arrive. Nos processus sont rigoureux. Mais où il y a de l’humain, il y a de l’imprévisible. On creuse toujours dans l’historique des familles d’accueil. Mais, parfois, on a des surprises.»

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