• Décès dans un centre jeunesse: la famille ne décolère pas

    Publié le 23 février 2011 à 05h00 | Mis à jour le 23 février 2011 à 09h14
    Décès dans un centre jeunesse: la famille ne décolère pas

    (Québec) Le Centre jeunesse Chaudière-Appalaches a beau avoir apporté, mardi, par communiqué, des «précisions» sur la mort de Rébecca Lévesque dans l'un de ses établissements le 13 février, sa sortie publique n'a rien pour calmer la famille de la victime. «Ils se câl... de moi, rage Martin Lévesque, on est tous assommés», dit-il au sujet des membres de sa famille.
     
    «Je suis au même point, moi là! Ils ont fait un meeting aujourd'hui... Ils ont pris le temps de tout monter ça... Pis ils ne disent rien! fulmine le père de famille. Je ne me sens pas respecté.»
     
    Le Centre jeunesse rappelle qu'une «revue de cas» a été amorcée «pour voir ce qui a été apporté comme soins dans la situation et verra à en dégager des zones d'amélioration, le cas échéant».
     
    Le communiqué insiste ensuite sur le fait que les intervenants du Centre consultent fréquemment leur service de santé à l'interne ainsi que les spécialistes d'Info-Santé, et que les responsables «accompagnent fréquemment, dans un centre hospitalier ou une clinique médicale, des jeunes qui ont différents symptômes».
     
    «Ils m'enragent en disant : "On en prend soin comme de nos enfants", rétorque M. Lévesque. Rébecca est morte, et ils me disent qu'ils prennent soin des enfants de cette façon-là?»
     
    Il rappelle que sa fille n'a pas été conduite à l'hôpital malgré les sévères symptômes qu'elle manifestait le soir avant son décès.
     
    «Samedi soir, elle avait de la fièvre, elle vomissait, elle a manifesté aux autres petites filles qu'elle ne voyait pas bien, que son champ de vision était embrouillé sur les côtés. Les jeunes étaient inquiets parce qu'elle n'arrêtait pas de vomir, [...] et on parle de jeunes délinquants! Ça prend quoi pour qu'ils amènent un enfant à l'hôpital?»
     
    En plus des jeunes, la mère et la grand-mère de Rébecca ont aussi manifesté leur inquiétude la veille et le matin de son décès, ajoute son père.
     
    En appelant Info-Santé pour un enfant fiévreux, poursuit M. Lévesque, on recommande souvent aux parents de donner un bain tiède et de surveiller régulièrement sa température. «S'il ne va pas mieux, je vais l'amener à l'hôpital! Tout le monde sait ça! Mais les centres jeunesse, comment prennent-ils soin de nos enfants?»
     
    Aide absente
     
    Le communiqué du Centre jeunesse indique par ailleurs que les intervenants «sympathisent» avec la famille et qu'«un support a été offert aux parents de la jeune». C'est faux, répondent M. Lévesque et sa conjointe.
     
    «Le Centre jeunesse n'a jamais appelé chez nous, ils ne m'ont jamais offert de l'aide.» La porte-parole du Centre jeunesse, Geneviève Dion, refuse de commenter.
     
    Dans tout le dossier, «si je pouvais vous en dire plus, ça mettrait beaucoup de choses en perspective, admet la porte-parole, mais je suis un peu limitée par la confidentialité».
     
    Le communiqué qu'elle a publié conclut en disant : «Bien que plusieurs informations aient été rendues publiques, le Centre jeunesse Chaudière-Appalaches invite la population à ne pas porter de jugement hâtif sur le sujet tant que toutes les conclusions du coroner ne seront pas connues.
     
    Il assure finalement la population qu'il collabore déjà et continuera à collaborer à l'investigation du coroner.»
     

  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :