• En fugue sous la garde des Centres jeunesse

    GATINEAU – Des parents de Gatineau sont morts d'inquiétude. Ils sont sans nouvelle de leur fils de 17 ans qui est en fugue depuis plus d'une semaine à la suite de ce qui a toutes les apparences d'une mauvaise décision des Centres jeunesse de l'Outaouais. La famille est convaincue que la fugue aurait pu être évitée.
     
    Le 26 juin dernier, l'adolescent de 17 ans, qui est en fugue et sous la garde des Centres jeunesse, est arrêté par les policiers de Gatineau après être entré par effraction dans la résidence de sa mère et avoir occupé les lieux pendant 4 jours en compagnie de quelques amis. De l'argent a été volé, le bar à boissons vidé et la maison saccagée. Or, après un interrogatoire et au moment où la police s'apprête à libérer le jeune homme, l'urgence sociale des Centres jeunesse décide de ramener le garçon au complexe Héritage, qui est considéré dans le milieu comme une véritable passoire où il est facile de fuguer.
     
    Pourtant dès son arrestation, les parents et l'intervenant qui s'occupe du dossier font des demandes répétées auprès du coordonnateur pour leur recommander d’envoyer leur fils dans une résidence à encadrement intensif, étant donné qu'il en était déjà à une deuxième fugue en peu de temps. Mais, le lendemain matin, au moment où les Centres jeunesse décident de l'envoyer dans un établissement encadré, il avait déjà pris la poudre d'escampette. Cette fois, ses parents sont sans nouvelle depuis plus d'une semaine.
     
    « Pourquoi l'urgence sociale a pris la décision de ramener un jeune dans un endroit où il s'était déjà sauvé deux fois en deux semaines », se questionne le beau-père de l'adolescent qui est le porte-parole de la famille.
     
    La décision est difficile à avaler pour les parents puisqu'en janvier, le jeune garçon avait été placé en milieu intensif par mesure préventive puisqu'il menaçait simplement de fuguer et de consommer des stupéfiants. Pourquoi, cette fois, alors que les crimes commis étaient beaucoup plus graves et qu'il était intoxiqué, la mesure préventive n'a pas été appliquée ?
     
    « On paie pour ce service. Les Centres jeunesse sont censés protéger la santé et la sécurité de nos jeunes, poursuit-il. En ce moment, sa sécurité est menacée. Si on extrapole, la sécurité du public aussi quand on considère l'aggravation des crimes qu'il commet. »
     
    La direction des Centres jeunesse n'a pas voulu commenter, comme elle le fait toujours lorsqu'il est question de cas précis. Toutefois, nous avons obtenu les conversations téléphoniques entre la direction et les parents qui cherchent à avoir des explications.
     
    « Est-ce que vous croyez que c'est la bonne décision qui a été prise ? , a demandé le beau-père.
     
    - Je ne me baignerai pas en vous donnant mon opinion. J'étais pas là cette soirée-là », a répondu une psychoéducatrice en charge du complexe Héritage.
     
    - Pourquoi avez-vous révisé votre décision le matin et décider de l’envoyer au centre Taché ?
     
    La question demeure sans réponse.
     
    « Malgré la gravité du geste commis pendant la soirée, le jeune était tout de même calme et ne menaçait pas de fuguer. Donc, la décision était de le ramener à Héritage pour revoir le dossier le lendemain matin. Le lendemain, on a décidé de le transférer dans un endroit à encadrement intensif, mais il était trop tard », a-t-elle poursuivi.
     
    Le syndicat des employés des Centres jeunesse a été contacté par la famille et considère la situation déplorable. Selon le syndicat, depuis plus d'un an, une succession d'erreurs sont commises entre les murs des CJO.
     
    « Il va falloir que quelqu'un se regarde dans le miroir un moment donné, dit le président Martin Leblanc. L'administration devra s'assurer que ça ne se reproduise plus. On parle d'humains, pas de vis et de clous. »
     
    Le jeune homme est toujours en fugue et aucun mandat n'a été émis contre lui pour l'instant, ce qui tarde le processus pour le retrouver.
     
    « J'espère sincèrement pour l'administration des Centres jeunesse qu'il n'arrivera rien de grave à ce jeune homme », a dit la mère en conclusion.
     
    C'est la deuxième fois en peu de temps que les Centres jeunesse de l'Outaouais sont dans l'embarras. À la fin mai, on vous apprenait qu'une adolescente de 16 ans avait été contrainte de demeurer à l'intérieur d'un établissement pendant une vingtaine de jours, sans jamais pouvoir mettre le nez à l'extérieur.*La direction craignait qu'elle fugue en raison de la hauteur de la clôture qui entoure l'immeuble. Une enquête de la Commission des droits de la personne et de la jeunesse a été ouverte.
     

  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :