• Intervenants renvoyés pour négligence à la DPJ

     

    DPJ | INTERVENANTS
    Renvoyés pour négligence
    Les motifs sont liés à des cas de violence, de fraude et de problème d’alcool
     
    SARAH-MAUDE LEFEBVRE @
    JOURNAL DE MONTRÉAL, PUBLIÉ LE: LUNDI 20 MAI 2013, 20H16 | MISE À JOUR: LUNDI 20 MAI 2013, 20H21
     
    Les employés congédiés par le Centre jeunesse de Montréal comptaient en moyenne 15 ans d’expérience.
     
    CONGÉDIEMENTS AU CENTRE JEUNESSE DE MONTRÉAL
    14 employés congédiés depuis 2008
    De ce nombre, 10 étaient en contact direct avec des enfants
    4 intervenants, surveillants ou agents d’intervention ont été renvoyés pour un motif discplinaire
    Les motifs étaient: contention faite de manière abusive, alcoolisme, fraude, intervention inadéquate auprès d’un enfant
    Six autres intervenants ont été congédiés pour un motif administratif (ex. faible rendement, mauvais suivi des dossiers).
    SOURCE: CENTRE JEUNESSE DE MONTRÉAL
     
    Dix employés du Centre jeunesse de Montréal ont été congédiés au cours des cinq dernières années pour avoir fait preuve de négligence ou d’inconduite dans le cadre de leur travail.
     
    Cinq d’entre eux ont été renvoyés pour un motif disciplinaire, a appris le Journal. Par exemple, une surveillante de nuit a été congédiée après avoir frappé un enfant au visage. Un agent d’intervention s’est quant à lui fait reprocher d’avoir utilisé la contention d’une manière abusive sur un enfant.
     
    Deux autres intervenants ont perdu leur emploi pour un problème d’alcool et une fraude.
     
    Enfin, cinq intervenants ont été remerciés à cause de leur «faible rendement».
     
    «Certains intervenants n’effectuaient pas un suivi adéquat auprès des familles ou encore ne respectaient pas une ordonnance de la cour à l’endroit d’un enfant», explique Géhane Kamel, coordonnatrice aux ressources humaines du Centre jeunesse de Montréal (CJM).
     
    Une minorité
     
    Fait à noter, les employés congédiés par le centre jeunesse comptaient en moyenne 15 ans d’expérience.
     
    Un peu plus de 3000 employés du CJM oeuvrent auprès des enfants.
     
    «Si on considère le nombre d’employés qu’on a, dix congédiements, c’est rien. Cela dit, une personne qui donne de mauvais services aux enfants et aux familles, c’est une personne de trop. Et c’est tolérance zéro quand on touche un enfant», lance Mme Kamel.
     
    «Je crois fondamentalement que tous les gens embauchés par le centre jeunesse sont hautement professionnels et qu’ils ont tous le feu sacré. Ces cas de congédiements sont en marge de la réalité.»
     
    Le Centre jeunesse de Montréal conserve ses statistiques d’emplois sur une période de cinq ans. Selon Mme Kamel, aucun cas d’abus sexuels n’a été relevé au cours de cette période.
     
    «Nous avons eu deux cas d’abus sexuels en 2007 qui se sont soldés par un congédiement immédiat. Cela ne s’est pas reproduit depuis», assure-t-elle.
     
    Triés sur le volet
     
    Le CJM affirme avoir des critères d’embauche très exigeants.
     
    «Il y a déjà un très bon filtre à l’entrevue. Sur 10 candidatures, on n’en retient généralement que deux. Depuis deux ans, nous vérifions aussi les antécédents judiciaires des candidats, et pas seulement dans le plumitif québécois. Nous avons accès aux antécédents à l’échelle du Canada, incluant toutes les causes pendantes.»
     
    Les nouveaux employés doivent également se soumettre à une probation de 120 jours. Depuis 2011, 98 intervenants n’ont pas réussi le test de la probation et n’ont pas été embauchés par le centre jeunesse.
     
    Selon Mme Kamel, le CJM n’éprouve toutefois pas de difficultés à recruter des intervenants qualifiés.
     
    «On se dispute les bons candidats avec les centres jeunesse de Montérégie et de Laval. Mais nous n’avons aucun problème de recrutement à l’heure actuelle, contrairement à l’année 2007-2008 où nous avons dû faire appel aux universités pour trouver des intervenants. Nous n’engageons jamais par dépit. Nous préférons ne pas engager du tout plutôt qu’engager de mauvais candidats.»
     
    « ELLE A ÉTÉ IMPOLIE AVEC UNE CLIENTE »
    Ancienne chef d’équipe au centre jeunesse, Isabelle Tremblay n’a pas hésité à renvoyer une intervenante qui négligeait son travail auprès des familles et se montrait trop familière.
     
    L’intervenante fautive travaillait depuis sept ans au centre jeunesse lorsque Mme Tremblay l’a démise de ses fonctions.
     
    «La population n’a pas à s’inquiéter. Le centre jeunesse a de très bons mécanismes de supervision. On sait qu’on ne peut pas prendre de risques avec notre clientèle», lance Isabelle Tremblay qui occupe maintenant le poste de chef des ressources bénévoles au Centre jeunesse de Montréal.
     
    Trop familière
     
    L’évènement remonte déjà à quelques années.
     
    «Je me souviens que c’était la candidate idéale sur papier lorsqu’elle est arrivée dans mon service. Elle rédigeait de très bons rapports. Mais il y avait des rumeurs qui couraient sur la qualité de son rendement», raconte Mme Tremblay.
     
    L’intervenante a aussi commis une série d’erreurs.
     
    «Les parents me rapportaient qu’ils se sentaient jugés par elle. Elle ne se présentait pas à des rencontres prévues avec les familles. Ses rapports ne correspondaient pas à la réalité. Et elle a même été impolie avec une cliente».
     
    «Des familles se plaignaient que l’intervenante agissait comme si elle était leur amie. Par exemple, un client était garagiste et elle allait faire réparer sa voiture à son garage, ce qui est inacceptable comme comportement», lance Mme Tremblay.
     
    Plusieurs avertissements
     
    Malgré plusieurs avertissements et rencontres, Mme Tremblay n’a finalement eu d’autre choix que de renvoyer l’intervenante.
     
    «Je ne pensais pas qu’on arriverait à ça. Mais j’ai dû l’inviter à quitter. Elle ne s’est pas trouvée un autre emploi ailleurs au centre jeunesse», dit-elle.
     
    Isabelle Tremblay affirme qu’il s’agit là du seul cas problématique qu’elle a rencontré au cours de sa carrière.
     
    «Cet exemple montre que nous sommes rigoureux, que le centre jeunesse n’hésite pas à agir lorsqu’un intervenant n’est pas à sa place.»
     
    Le Centre jeunesse de Montréal – Institut universitaire offre des services psychosociaux et de réadaptation à 13 000 enfants et jeunes.

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