• Les jeunes de la DPJ n'ont pas priorités

    DPJ
    Manque d'accès au soutien psychologique dénoncé
    Suicide dans un centre jeunesse
     
     
    Décédé
     
    Malgré les problèmes complexes que vivent les jeunes placés en centre jeunesse, ces derniers n’obtiennent pas plus rapidement de services psychologiques que le reste de la population.
     
    Guillaume Crépeau-Bonnier a mis fin à ses jours le 9 mars dernier au centre Huberdeau des Laurentides alors qu’il était en attente de services psychologiques depuis plusieurs mois.
     
    Un juge de la Cour du Québec avait ordonné en juillet dernier que l’adolescent de 15 ans reçoive des services psychologiques. Le 30 janvier, le tribunal reprochait à la travailleuse sociale du jeune de ne pas avoir fait en sorte qu’il rencontre un psychologue. Une situation qui ne serait pas exceptionnelle.
     
    «Les délais en santé mentale diffèrent d’une région à l’autre, mais ça peut prendre jusqu’à un an avant que l’un de nos jeunes ait accès au service», affirme Sylvie Desmarais, directrice-conseil de l’Association des centres jeunesse du Québec.
     
    Les services des centres jeunesse du Québec desservent actuellement 115 000 jeunes. Sur les 7 700 usagers qui se trouvent en unités de réadaptation ou en foyers de groupes, un sur deux présente une problématique de santé mentale. Malgré leur vulnérabilité et même si un juge ordonne un suivi psychologique, ils ne seront pas traités en priorité par le système de santé. «Ils sont eux aussi devant une problématique d’accès aux services en santé mentale», dit-elle.
     
    « Rien pour mon fils »
     
    De son côté, Karine Bonnier continue de chercher des réponses sur les circonstances qui ont mené l’adolescent à mettre fin à ses jours
     
    En lisant Le Journal de Montréal, la mère de Guillaume Crépeau-Bonnier a été choquée d’apprendre que le personnel du centre Huberdeau recevra un suivi psychologique au cours des prochaines semaines, alors que son fils en aurait eu, lui, cruellement besoin.
     
    La semaine précédant son décès l’adolescent aurait verbalisé à trois reprises son souhait de mourir, mais il n’aurait pas été pris au sérieux et il n’y a donc pas eu de mesures de sécurité pour le protéger, affirme la mère.
     
    «Ils n’ont pas été capables de soutenir mon fils et eux vont obtenir des services psychologiques alors que mon enfant n’a rien eu», déplore la dame visiblement ébranlée.
     
    Les responsables de la DPJ des Laurentides affirment que les employés concernés auront droit à un suivi psychologique au cours des prochaines semaines.
     
    «Pour le personnel présent ce jour-là, c’est des moments difficiles à passer. Les employés qui en ont besoin et qui en font la demande peuvent compter sur un soutien psychologique», explique Isabelle Dugré, porte-parole de la DPJ Laurentides.
     
    Cette aide est également disponible pour les autres jeunes du centre, ainsi que les parents de Guillaume à qui on a offert des ressources, ajoute-t-elle. De son côté, Karine Bonnier nie formellement avoir reçu une offre de soutien psychologique depuis la mort de son fils le 9 mars dernier. «La DPJ ne m’a rien offert du tout. Rien pour moi, rien pour mon fils», conclut-elle.
     
    http://www.journaldemontreal.com/2014/03/19/les-jeunes-de-la-dpj-nont-pas-priorite

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