• Manque de suivi médical des prescriptions de psychotropes dans les centres jeunesse

    Manque de suivi médical des prescriptions de psychotropes dans les centres jeunesse 
    Mise à jour le lundi 22 novembre 2004, 16 h 22 .

    Une étude menée auprès de 1500 jeunes par le Centre international de criminologie comparée (CICC) de l'Université de Montréal suscite de vives inquiétudes. Selon cette étude dévoilée lundi à Québec, lors du Congrès conjoint de l'association des centres jeunesse du Québec, la clientèle des centres jeunesse consomme beaucoup de psychotropes. Le phénomène touche de 2 à 4 enfants des centres jeunesse sur 10.

    Les jeunes garçons les plus touchés

    De nombreux jeunes consomment jusqu'à 5 types de molécules pour pallier les problèmes d'inattention, d'impulsivité et d'agressivité. Les plus jeunes, en particulier les garçons de 6 à 11 ans, sont les plus grands consommateurs, souligne le chercheur de l'Université de Montréal, Denis Lafortune. Ils consomment les médicaments tels Ritalin, Risperdal, ou Clonidine à des doses souvent prescrites pour les adolescents.

    Le chercheur et psychologue n'ose pas dire si la clientèle des centres jeunesse est trop médicamentée, mais il soulève d'énormes doutes sur la bonne utilisation des comprimés, car dans 85 % des cas, les médecins prescripteurs sont absents des centres jeunesse. Ils prescrivent en urgence ou à distance par téléphone. Selon M. Lafortune, les médecins n'attendent plus de diagnostic psychiatrique ferme. Souvent, la description des symptômes suffit parce qu'ils sont débordés, soutient le chercheur.

    Les éducateurs devraient recevoir une formation appropriée 
    Cette absence de suivi médical force les travailleurs sociaux et les psychoéducateurs à déborder de leur fonction. Ils doivent répondre à des questions médicales complexes sur les interactions médicamenteuses et les effets secondaires par exemple : « Ils sont sur la ligne de feu et donc, ils ont à gérer la consommation du jeune, très souvent en fait, comme je vous dis, le médecin n'est pas là, l'infirmière pas toujours, il n'y a pas de pharmacien toujours non plus, alors, qui s'assure que la médication est prise comme elle devrait? C'est souvent un éducateur. Et qui donc répond à des questions difficiles sur les interactions, sur les effets secondaires? C'est souvent aussi les éducateurs qui répondent à ces questions. » Le chercheur souligne qu'il devient donc nécessaire de former le personnel spécialisé des centres jeunesses, car il semble acquis que les médecins ne peuvent répondre aux besoins. Les centres jeunesse du Québec sont chargés de fournir une aide spécialisée aux jeunes qui connaissent des difficultés graves et à leurs familles. Plus de 8000 intervenants tels des travailleurs sociaux, des psychoéducateurs et des psychologues offrent leurs services à la jeunesse en difficulté du Québec.

     

    http://www.radio-canada.ca/regions/Quebec/nouvelles/200411/22/007-jeunes_psychotropes.shtml


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