• Personne ne me croyait, on me raccrochait au nez à la DPJ

     

    Deux femmes dont la vie a été brisée par des agressions sexuelles à répétition durant leur enfance ont livré des témoignages bouleversants au palais de justice de Québec où comparaissait leur agresseur.
     
    Le père de Manon Tremblay, Jacques Tremblay, a pris le chemin du pénitencier plus de trente ans après les faits. L'homme de 69 ans de Val-Bélair a agressé sexuellement sa fille à des centaines de reprises alors qu'elle était âgée de six à neuf ans, au milieu des années 70.
     
    Il été condamné à trois ans et quatre mois de prison.
     
    La femme qui est aujourd'hui âgée de 44 ans a demandé que l'interdiction de l'identifier dans les médias soit levée pour que la vérité soit connue. « C'est une délivrance qu'il paye enfin », a-t-elle dit en pleurs.
     
    Son père a détruit sa vie. Manon Tremblay a tenté de mettre fin à ses jours à une vingtaine de reprises.
     
    Toute sa vie, elle dit avoir fait face à des gens qui ne la croyaient pas, dont les membres de sa famille. « Je faisais toutes sortes de coups. Ma mère ne me dénonçait même pas. Je volais des dictionnaires à l'école, je faisais toutes sortes de choses pour qu'on m'enlève de ma famille. Personne ne me croyait, on me raccrochait au nez à la DPJ », a-t-elle raconté.
     
    Le juge Pierre Rousseau a souligné qu'il s'agissait d'un des cas les plus graves qu'il ait vu en terme de conséquences.
     
    Agressée par son oncle
     
    Marie-Line Girard a été agressée sexuellement par son oncle lorsqu'elle était enfant.
    La vie de Marie-Line Girard aussi a été bouleversée par des agressions sexuelles. La femme de 47 ans était en cour jeudi pour les représentations sur la peine de son oncle, Benoît Boutin.
     
    L'homme aujourd'hui âgé de 78 ans l'a agressé dans les années 70. Les gestes ont commencé alors qu'elle avait cinq ans et se sont poursuivis jusqu'à ce qu'elle atteigne l'âge de 11 ans.
     
    Mme Girard a livré un témoignage émouvant expliquant les séquelles qu'elle a subies.
     
    La Couronne a réclamé 42 mois de prison pour son agresseur alors que la défense a demandé la clémence du tribunal compte tenu de la santé précaire du septuagénaire.
     
    Benoît Boutin n'a jamais reconnu les gestes.
     
    La femme s'est présentée en chaise roulante devant le juge. Elle combat un cancer qui s'est développé immédiatement après le procès. « On a beaucoup de projet mais on finit par démissionner. Celui-là (le procès de son agresseur), je me suis rendu jusqu'au bout pour apprendre après ça que j'avais le cancer à cause du stress du procès », a déploré Marie-Line Girard.
     

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