• Suicide dans un centre jeunesse

    SANTÉ | ADOLESCENT
    Suicide dans un centre jeunesse
    Plusieurs questions demeurent sans réponses pour la mère de Guillaume Crépeau-Bonnier
     
    Karine Bonnier ne comprend pas comment son fils a pu réussir à s’enlever la vie alors qu’il se trouvait sous la responsabilité de la DPJ.
     
     
     
    Un adolescent de 15 ans s’est enlevé la vie alors qu’il séjournait dans un centre jeunesse des Laurentides il était en attente d’un suivi psychologique qu’il n’aurait jamais reçu.
     
    Le 18 juillet dernier, un juge de la Cour du Québec avait pourtant ordonné que Guillaume Crépeau-Bonnier reçoive des «services psychologiques», ce qui n’a pas été fait regrette aujourd’hui sa mère.
     
    Karine Bonnier s’interroge également sur le travail de la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ).
     
    «Je ne comprends pas. La DPJ devait protéger mon fils. On est pas supposé le retrouver mort», tranche calmement Mme Bonnier.
     
    La mère du jeune Guillaume Crépeau-Bonnier avoue avoir de la difficulté à obtenir des réponses à ses questions sur les circonstances entourant la mort de son fils, survenue le 9 mars dernier au centre jeunesse Huberdeau, dans les Laurentides.
     
    «Mon fils n’a laissé aucune lettre. On me dit qu’il se serait pendu dans la douche à l’aide d’une ceinture. C’est un autre jeune qui l’aurait découvert», déplore-t-elle.
     
    Avant de séjourner au centre Huberdeau, Guillaume avait vécu dans cinq familles d’accueil.
     
    L’adolescent fuguait à la moindre occasion, comme ce fut le cas la veille de sa mort. Guillaume était très en colère contre son père et moi, confie sa mère.
     
    «Il ne voulait pas mourir. Il était révolté, mais pas suicidaire», affirme la femme de 35 ans.
     
    En attente de soins psychologiques
     
    Un employé de la DPJ a contacté les parents de Guillaume pour leur offrir ses condoléances.
     
    «On me demande de rédiger une lettre les dégageant de toute responsabilité. Je pense qu’ils se protègent. Mais moi je les tiens responsable de ne pas avoir fait leur travail», dénonce Madame Bonnier.
     
    Lundi dernier, elle dit avoir été rencontrée par la travailleuse sociale responsable du dossier de Guillaume.
     
    «Elle m’a dit que la semaine prédécent sa mort, mon fils aurait dit à trois reprises qu’il voulait mourir mais qu’on ne l’a pas pris au sérieux. Il n’y a pas eu de mesures de sécurité pour le protéger», rapporte Madame Bonnier.
     
    «Je suis démolie. J’essaie de me montrer forte, mais je n’arrive plus à dormir. Ce n’est pas clair comment c’est arrivé exactement et j’aimerais savoir», conclut-elle.
     
    La Sûreté du Québec et le Bureau du coroner ont ouvert une enquête sur la mort de l’adolescent.
     
     
     
    «NOUS OFFRONS NOS CONDOLÉANCES...»
    Le jour de la mort de Guillaume Crépeau-Bonnier, deux éducatrices étaient présentes dans l’unité où il logeait.
     
    C’est essentiellement la seule information qu’ont accepté de dévoiler les responsables de la DPJ des Laurentides sur la mort tragique de l’adolescent de 15 ans.
     
    Avait-on enclenché un protocole de protection pour prévenir le suicide du jeune qui avait clairement verbalisé son souhait de mourir?
     
    Avait-on sécurisé son milieu de vie au centre Huberdeau?
     
    Guillaume a-t-il reçu les soins psychologiques tels que demandés par un juge de la Cour du Québec?
     
    Ces questions demeureront pour l’instant sans réponse.
     
    «C’est des détails qui serviront à l’analyse de la situation à l’interne. L’idée ce n’est pas d’en faire un débat public», a répondu Julien Martin, directeur du service clientèle des centres jeunesse des Laurentides.
     
    Prévention du suicide
     
    Au cours des prochaines semaines, les intervenants concernés recevront un suivi psychologique, nous a-t-on assurés.
     
    «Nous sommes excessivement malheureux et tristes d’avoir perdu un jeune. Il y a enquête. Si des correctifs doivent être apportés, soyez assurés qu’ils le seront», s’est contenté de répondre Monsieur Martin.
     
    «Nous offrons nos condoléances à la famille et aux proches», a-t-il tenu à ajouter.
     
    Depuis 2002, un protocole d'intervention et de prévention des suicides a été mis en place dans tous les centres jeunesse du Québec, à la suite de recommandations d'un coroner.
     
    http://www.journaldemontreal.com/2014/03/18/suicide-dans-un-centre-jeunesse 

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