• Un adolescent s'enlève la vie sous la garde de la PDJ

    Suicide
    Un adolescent s'enlève la vie après une séjour à l'hôpital
    18/03/2011

    MONTRÉAL – Un adolescent de 17 ans s'est enlevé la vie alors qu'il était sous la garde du centre jeunesse Mont St-Antoine à Montréal. Il a commis son geste 48 heures après avoir reçu son congé de l'hôpital à la suite d'une tentative de suicide. Une enquête du coroner a été ouverte sur cet événement.
    La famille dénonce cette situation jugeant que la détresse de l'adolescent a été sous-évaluée. Un membre de sa famille a raconté l’histoire du jeune homme à Mon Topo. «Il ne faut plus jamais que les mêmes erreurs ne se reproduisent».
     
    Tentative de suicide
     
    Deux jours avant de commettre l'irréparable, le samedi 5 mars, l'adolescent avait tenté de mettre fin à ses jours en avalant une vingtaine de comprimés d'un médicament. Il a été admis à l'hôpital Saint-Luc et il a reçu son congé le lendemain matin, après avoir été examiné par un psychiatre.
     
    Chambre d'isolement
     
    À son retour au centre jeunesse, le jeune a été conduit dans une chambre d'isolement, dénudée de tout objet, où la surveillance est accrue, pour tenter de le protéger contre lui-même.
     
    Après deux jours d'isolement, l'adolescent a été examiné par un spécialiste du centre jeunesse. Jugeant que le jeune se portait mieux, il a été transféré dans une pièce où la surveillance est moindre. Peu de temps après son transfert, l'adolescent a été retrouvé inconscient, son corps gisait par terre. Le jeune homme est décédé quatre jours plus tard à l'hôpital. Soutien au personnel et aux jeunes Lundi, le directeur général du Centre jeunesse de Montréal, Jean-Marc Potvin a émis un communiqué à l'interne pour informer tous les membres du personnel de la triste nouvelle.
     
    «Je souhaite en premier lieu offrir aux parents et à la famille de l'adolescent nos plus sincères condoléances», peut-on lire. Cette tragédie ébranle l'ensemble du personnel et les jeunes qui ont connu la victime. «Tous les efforts sont actuellement portés vers le soutien psychologique des jeunes et du personnel touché par cet événement», explique Julie Grenier, coordonnatrice du Centre jeunesse de Montréal. Le suicide peut facilement devenir une «maladie contagieuse», surtout lorsqu'on traite avec des personnes vulnérables», ajoute-t-elle.
     
    Enquête à l'interne
     
    En plus de l'enquête du coroner, l'organisme procèdera à un révision de ses pratiques afin de mettre en perspective tous les événements ayant mené à la tragédie. Le Centre jeunesse de Montréal n'a pas vécu un tel drame depuis huit ans. Puisque l'adolescent a reçu son congé de l'hôpital Saint-Luc quelques heures après une première tentative de suicide, le Centre hospitalier de l'Université de Montréal (CHUM) tentera aussi d’analyser les événements. «On va revoir le cas sur le plan médical», affirme Lucie Dufresne, conseillère en communication du CHUM.
     
    Depuis l'âge de trois ans, l'adolescent a été trimbalé dans une quinzaine de familles d'accueil. Sa mère adoptive étant très malade, il demeurait dans des centres jeunesse depuis un an et demi. «À l'approche de ses 18 ans, il était très anxieux à l'idée de quitter obligatoirement le centre jeunesse, il ne savait pas où aller et quoi faire de sa vie», raconte un proche.
     
    Aux dires de sa famille, le jeune homme n'avait pas de problème de toxicomanie ni d'alcool. «Il était très calme, il adorait la planche à roulettes et le basket-ball».
     

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