• Un père poursuit la DPJ

     

    Publié le 09 avril 2009 à 05h00 | Mis à jour le 09 avril 2009 à 05h00
    Un père poursuit la DPJ
     
    (Québec) Un père suspecté à tort par la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) d'avoir abusé de sa fille de quatre ans intente une poursuite contre l'organisme et l'une de ses travailleuses sociales, qu'il accuse de laxisme, de mauvaise foi et de négligence grossière. Il demande à la Cour supérieure de les condamner à lui verser 211 500 $ en dommages.
     
    L'affaire a débuté en 2007, lors­que les parents ont cessé de faire vie commune durant une période dite de questionnement. À tour de rôle, ils avaient la garde de l'enfant dans la résidence familiale. Durant leur absence, la grand-mère maternelle a rapporté avoir été témoin de comportements et de propos sexualisés incriminant le père de la part de la fillette. Un signalement à la DPJ a suivi.
     
    Visite chez le médecin
     
    Comme l'enfant se plaignait de douleurs aux parties génitales, elle a été examinée par le Dr  Jean Labbé. Son expertise médicolégale ne fournissait aucune preuve d'abus sexuel et il appert qu'elle jetait de sérieux doutes sur les verbalisations rapportées par la grand-mère.
     
    Les policiers ont ensuite rencontré la fillette pendant qu'un psychologue consulté par la mère recommandait fortement de procéder à une expertise psychosociale. À plusieurs reprises, les parents ont réclamé une telle expertise à la travailleuse sociale de la DPJ, Nathalie Auclair, mais il semble qu'elle ait toujours refusé. De plus, la fillette a contredit ses verbalisations, ce qui, selon le père, a été porté à la connaissance de la travailleuse sociale.
     
    Malgré cela, la DPJ a déposé une requête en protection de l'enfant, en Chambre de la jeunesse. Avant qu'elle soit entendue, les parents ont demandé à une autre psychologue de rencontrer leur fille.
     
    La professionnelle a conclu qu'il s'agissait d'une enfant heureuse, ne présentant pas de symptômes de stress ou de troubles révélant un besoin d'aide psychologique. Les observations faites à la garderie indiquaient que l'enfant avait un comportement normal et qu'elle se développait bien.
     
    Lors d'une conférence préparatoire à l'audition en Chambre de la jeunesse, la juge a ordonné à la travailleuse sociale de produire un nouveau rapport. Entre-temps, une expertise demandée par les parents à une troisième psychologue a mis fin aux doutes à l'endroit du père. Celui-ci ajoute dans sa requête que cette expertise a même expliqué les agissements de sa fille. Devant ces faits, la DPJ s'est désistée de ses procédures en Chambre de la jeunesse.
     
    Sortir la tête haute
     
    Le demandeur ajoute qu'en cour, la juge Anne Laberge a accueilli le désistement et qu'elle aurait même fait une mise en garde à la travailleuse sociale quant à la probité de son enquête, avisant en plus le père qu'il pouvait sortir la tête haute. Par ailleurs, aucune procédure criminelle n'a été entreprise contre l'homme sans antécédent judiciaire, et le dossier a été fermé.
     
    L'angoisse et l'insécurité engendrées chez le père ont entraîné son arrêt de travail jusqu'à ce jour. Il fait l'objet d'un suivi médical et psychologique pour le traitement de son état dépressif. Sur le plan matériel, il a dû vendre son condo et il signale avoir perdu des occasions d'affaires.
     

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