• un TS accusé d'avoir 13 800 fichiers de pornographie juvénile à son domicile

     

    Un homme de 59 ans, qui était travailleur social à la DPJ de Québec au moment où les policiers ont saisi plus de 13 800 fichiers de pornographie juvénile à son domicile du quartier Limoilou, a vu la poursuite réclamer une peine sévère de deux ans d’emprisonnement à ses dépens, hier. 
     
    Alain Lamontagne ne s’était pas contenté d’avoir téléchargé ces milliers de fichiers informatiques illicites (des photos et 150 vidéos) sur son ordinateur, de 2003 à 2006. À l’été 2005, il a distribué près de 400 images à au moins trois autres pédophiles, par Internet, selon ce qu’a mentionné devant le tribunal le procureur de la poursuite, Me Sébastien Guyard-Bergeron. 
     
    Le fonctionnaire commentait alors les photos expédiées à ses interlocuteurs au cours de séances de clavardage, allant même jusqu’à partager, avec moult détails, les fantasmes qu’il entretenait notamment à l’égard d’un jeune voisin de 12 ans. Il demandait également à son correspondant de lui envoyer des photos à son tour, pour qu’il puisse «vérifier si tu es des nôtres». 
     
    L’enquête qui a mené à la perquisition chez Alain Lamontagne et à son arrestation, en février 2006, a été initiée par les autorités policières américaines, avec le démantèlement d’un site Web offrant du matériel pornographique juvénile. À l’instar de plusieurs dizaines de Québécois, le quinquagénaire comptait parmi ses clients et avait dû fournir divers renseignements personnels, dont le numéro d’une carte de crédit, afin de s’abonner. 
     
    Garçons prépubères 
     
    «Le poids de la preuve amassée par les policiers était énorme», a affirmé Me Guyard-Bergeron au juge André Cartier. Le magistrat a d’ailleurs été appelé à regarder à huis clos un échantillon de la porno juvénile collectionnée par l’accusé afin d’en évaluer la gravité. Des images dégradantes montrant des garçons d’âge prépubère, la plupart ayant de 8 à 12 ans, dévêtus ou s’adonnant à des rapports sexuels avec des adultes. On y retrouvait aussi des garçons en très bas âge, ainsi que des fillettes. 
     
    La poursuite a demandé au juge l’imposition d’une peine de deux ans moins un jour d’emprisonnement (la plus longue sentence à être purgée dans un établissement carcéral provincial), suivie d’une probation de trois ans durant laquelle Lamontagne devra suivre une thérapie à la clinique pour délinquants sexuels du centre hospitalier Robert-Giffard. 
     
    Les rapports d’expertise psychologique et sexologique auxquels Lamontagne a dû se soumettre concluent à un diagnostic de pédophilie, ainsi qu’à la nature «compulsive et prolongée de ses pratiques déviantes». De plus, l’accusé, bien qu’il reconnaisse sa responsabilité et la gravité de ses crimes, ne montre que peu d’empathie envers les jeunes victimes dont il a contribué à l’exploitation sexuelle par l’argent qu’il a déboursé. Selon le procureur, le risque de récidive à court terme est faible, «en raison des conséquences judiciaires» que Lamontagne devra subir, mais il ne peut être écarté à plus long terme. 
     
    En défense, Me Bruno Bouffard a suggéré au juge une peine de neuf mois de prison, expliquant que son client avait reconnu sa culpabilité, qu’il n’avait pas d’antécédent judiciaire et qu’il était prêt à suivre une thérapie. Il a ajouté que son client «a perdu son emploi» à la suite de son arrestation (voir autre texte). Le juge tranchera en avril.

  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :