• Visites supervisées : pratiques douteuses au Centre La Transition

     

    Visites supervisées : pratiques douteuses au Centre La Transition
    Mise à jour le mercredi 8 février 2012 à 0 h 08 HNE
    Le Centre La Transition est situé dans un immeuble à Montréal
     
    EXCLUSIF - Personnel non qualifié, rapports de visite bâclés et pressions pour falsifier des rapports, les choses ne tournaient pas rond au Centre La Transition, à Montréal, a appris Radio-Canada.
     
    Le Centre La Transition est un lieu où des parents profitent de quelques heures avec leurs enfants dans le cadre de visites supervisées. De 800 à 900 visites ont lieu chaque mois, référées et payées en grande partie par les Centres jeunesse.
     
    Dans une quinzaine de petites pièces, les rencontres étaient jusqu'à récemment surveillées par des employés souvent très jeunes, sans formation, ni expérience, a appris Pasquale Turbide de notre équipe d'Enquête.
     
    Les propriétaires du centre jusqu'en janvier dernier, Manon Hubert et son mari, Daniel Roy, exploitaient d'ailleurs dans le même immeuble un foyer de groupe privé pour jeunes enfants, fermé d'urgence par le Centre jeunesse de Montréal le mois dernier.
     
    Certains, comme Joëlle Lafleur, n'étaient pas à l'aise avec les conditions de travail et ont préféré démissionner.
     
    Radio-Canada : « Est -ce qu'on peut dire que vous deviez évaluer la capacité parentale des parents? »
    Joëlle Lafleur : « Oui. »
    Radio-Canada : « Étiez-vous formée pour le faire? »
    Joëlle Lafleur : « Pas du tout. (...) Ça se peut que j'aie fait des erreurs parce que je n'étais pas formée, je n'étais pas outillée pour réaliser ce qui était adéquat. »
     
    Rapports bâclés
     
    Les employés devaient parfois surveiller et évaluer deux, voire trois, familles en même temps. Leurs rapports de visite étaient souvent bâclés, faute de temps.
     
    Plusieurs éducateurs ont aussi admis avoir subi des pressions de la part de la propriétaire, Manon Hubert, pour écrire de fausses informations dans leur rapport.
     
    Maxime Bellemare, un ex-employé interrogé par Radio-Canada, se souvient d'avoir fait l'objet de pressions.
     
    Maxime Bellemare : « Et Manon, elle vient me voir et elle me dit : "Cette dame-là, elle sentait l'alcool, hein, elle sentait l'alcool?" Là, je lui dis : " Non, elle ne sentait pas l'alcool." Et là, Manon, elle me dit : "Non, je trouve qu'elle sentait l'alcool un peu, tu devrais le marquer dans ton rapport." »
    Radio-Canada : « Donc la propriétaire vous a demandé de mentir, sans le dire explicitement? »
    Maxime Bellemare : « Exactement. Mais je ne l'ai pas fait. Parce que cette femme-là, elle ne sentait pas l'alcool. »
    Ces rapports étaient parfois utilisés en cour pour déterminer les droits de visite des parents et Manon Hubert s'en servait pour témoigner au tribunal.
     
    Des employés affirment avoir informé le Centre jeunesse de ce qui se passait à La Transition. Le pédiatre Gilles Julien a fait la même chose il y a plus de deux ans auprès de la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ).
     
    À ce moment, la Direction de la protection de la jeunesse a répondu qu'il n'y avait pas d'inquiétude à avoir, puisque le lieu était supervisé par des intervenants de la DPJ, se rappelle le Dr Julien.
     
    Le centre la Transition existe toujours, mais le contrat avec le couple Hubert-Roy a été résilié le mois dernier. C'est maintenant le Centre jeunesse qui a pris le contrôle des opérations. Certains employés ont été mutés, mais la plupart conservent leur emploi pour le moment.
     
    D'après un reportage de Pasquale Turbide
    source: http://www.radio-canada.ca/regions/Montreal/2012/02/07/004-centre-transition-fermeture.shtml

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